Le projet IMAGINE intègre massage et acupuncture dans les soins oncologiques
D'après un article publié par The ASCO Post, le projet IMAGINE accompagne 35 centres de cancérologie dans la mise en place de protocoles de massage et d'acupuncture dédiés à la douleur liée au cancer.

Portée par le Memorial Sloan Kettering Cancer Center et la Society for Integrative Oncology (SIO), l'initiative combine formations ciblées, outils partagés et accompagnement terrain. Pour les praticiens du bien-être, c'est un signal concret: la masso-kinésithérapie oncologique entre dans une phase de structuration à grande échelle.
Pourquoi IMAGINE existe: le socle de l'essai IMPACT
Tout part de l'essai IMPACT, conduit auprès de patients atteints de cancer avancé présentant des douleurs musculo-squelettiques modérées à sévères. Sur 26 semaines, le groupe massage a réduit son score de douleur maximale de 3,01 points sur une échelle de 10, et le groupe acupuncture de 2,53 points. Ces données ont conduit la SIO et l'ASCO à intégrer massage et acupuncture dans leurs recommandations communes pour la prise en charge de la douleur en oncologie. La douleur touche plus de 40 % des patients en traitement actif et jusqu'à deux tiers des patients en cancer avancé, rappelle l'article, d'où l'enjeu de ne pas tout attendre des antalgiques médicamenteux, dont les opioïdes, limités par leurs effets secondaires et les réticences de prescription.
Trente-cinq centres, deux phases, trois leviers
Le projet IMAGINE structure le déploiement en deux temps: une phase d'implémentation active de 12 mois par cohorte, puis une phase de maintenance jusqu'à la fin du programme. Sur les 35 sites participants, 22 sont des centres désignés par le National Cancer Institute, 13 sont des centres non-NCI, répartis dans 22 États dont 6 en zone rurale et 29 en zone urbaine. Le dispositif s'appuie sur trois stratégies d'implémentation documentées. Premièrement, des cursus de formation en ligne, hébergés sur la plateforme d'apprentissage virtuelle de la SIO, qui enseignent les protocoles IMPACT aux acupuncteurs et aux masseurs-kinésithérapeutes, y compris ceux qui n'ont pas de formation spécifique en oncologie. Deuxièmement, l'ensemble des supports pédagogiques est mis à disposition sur le site de la SIO pour faciliter l'usage par les équipes. Troisièmement, le projet crée des espaces de consultation entre pairs et avec les équipes de recherche, pour rompre l'isolement souvent signalé par les thérapeutes exerçant en milieu hospitalier.
Côté pratique: trois réflexes à installer dès maintenant
Premier réflexe: savoir orienter un patient suivi en oncologie vers un praticien formé aux protocoles type IMPACT, en se renseignant auprès des centres participant au projet via la SIO. Deuxième réflexe, pour les thérapeutes: consulter les ressources publiées par la SIO afin d'actualiser ses connaissances sur les contre-indications spécifiques, comme les zones irradiées, les cicatrices récentes, la thrombopénie ou la présence d'un cathéter. Troisième réflexe, en cabinet: prévoir une fiche de liaison structurée avec l'équipe oncologique, avec traitement en cours, antalgiques utilisés, zones à éviter et accord du médecin référent. Ce document simple fait souvent la différence entre une prise en charge complémentaire acceptée et une séance refusée par prudence. Pour les patients en rémission qui souhaitent maintenir un suivi en massage bien-être, le bon réflexe reste de demander un courrier d'information à l'oncologue avant la première séance, et de conserver une trace écrite des précautions transmises.